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Ligne Philosophique de LNA

LIGNE PHILOSOPHIQUE DE LA NOUVELLE ATLANTIDE

lle peut tenir en trois lignes (ce qui suit n’étant qu’un développement) :

Combattre les idées et actions néfastes, et promouvoir par tous moyens – et notamment par l’exemple – le Bon, le Vrai, le Juste et le Beau, en les recherchant là où ils se trouvent et en les mettant en œuvre partout…

« Rien, selon moi, n’est plus funeste à l’homme qu’une opinion fausse. »
Platon, Gorgias, 458a

« On naît ; on meurt : c’est mieux si on a fait quelque chose entre les deux. »
Francis Bacon

Comme vous l’aurez probablement compris, ce site – tout comme les activités de l’associationLa Nouvelle Atlantide – repose en partie sur les écrits et les vues du philosophe grec Platon(428-347 BC) et sur ceux et celles du chancelier anglais Francis Bacon (1561-1626).

Le premier, s’appuyant sur le savoir des anciens Egyptiens transmis par son grand-oncle Solon, faisait connaître à ses lecteurs l’existence d’un continent disparu, l’Atlantide; le second exposait, sous le nom de Nouvelle Atlantide, un projet utopique mettant la science et le savoir au centre des préoccupations humaines, comme étant l’unique chance de survie des hommes…

En décortiquant attentivement et avec soins les œuvres de ces deux auteurs majeurs de l’histoire du monde moderne – cependant actuellement quelque peu minorés, voire méprisés -, puis en les développant et en les replaçant dans une perspective contemporaine, nous montrerons ce en quoi leur témoignage salvateur ne saurait être ignoré par quiconque et rester dans le silence, et tâcherons de poursuivre dans la direction donnée par eux…

L’un et l’autre s’exprimaient à mots couverts, laissant entendre plutôt qu’ils n’expliquaient, ce qui méritera donc quelques éclaircissements ici et là… Ils étaient, en effet, de la discrète autant que savante et aimable confrérie des enfants de Djéhouty-Thoth-Hermès-Mercure, autrement dit, ils étaient tous deux des hermétistes

Afin d’être plus aisément compréhensible, compte tenu de cette particularité, commençons par le plus proche de nous dans l’Histoire…

Francis Bacon (1561-1626)

Francis Bacon est le discret père de l’empirisme sous sa forme moderne : le premier, il pose les fondements de la science contemporaine et de ses méthodes (pragmatisme et théorisation généralisante).

Il s’attaque d’abord aux faux raisonnements, sa meilleure contribution étant contre la doctrine des idoles (comprenant les idoles humaines : l’orgueil et le pouvoir par l’or notamment, et le culte de la personnalité).

Dans le Novum Organum (ou « Nouvelle logique », par opposition à celle d’Aristote), il écrit que la connaissance humaine vient essentiellement de l’observation des formes et des fonctions des objets de la Nature, mais fait remarque que l’homme, imposant et superposant ses propres interprétations à ces objets, se place dans la situation décrite par Platon dans son allégorie de la Caverne et des ombres qui s’y projettent, et à cause de cela en vient à ne considérer que le transitoire et l’apparent, et de là ne peut comprendre d’où il vient, ni qui il est et où il va…

Bacon rédige deux ouvrages de tout premier plan dans l’histoire de la science : De dignitate et augmentis scientiarum (« De la dignité et de l’accroissement des savoirs », qui établit une classification des sciences de son époque et signale leurs lacunes) et le Novum Organum (« Nouvel outil », qui expose une méthode pour guider l’esprit et avancer tant dans les sciences que dans la connaissance, qu’il ne confond pas) : ces deux ouvrages étaient les premiers de six livres que devait compter l’Instauratio magna scientiarum, mais Bacon ne put terminer et faire paraître que ces deux-là.

Pour lui, « la science véritable est la science des causes », maisnos théories scientifiques étant construites en fonction de la façon dont nous voyons les objets, les observateurs sont donc biaisés dans leurs déclarations d’hypothèses.

S’opposant à la logique aristotélicienne, qui établit un lien entre les principes généraux et les faits particuliers, il abandonne la pensée déductive – qui procède souvent à l’époque à partir des principes admis par l’autorité des Anciens, le plus souvent incompris – au profit de l’« interprétation de la nature », où l’expérience enrichit réellement et directement le savoir.

Il préconise un raisonnement et une méthode fondés sur l’approche expérimentale : « L’empirique, semblable à la fourmi, se contente d’amasser et de consommer ensuite ses provisions. Le dogmatique, telle l’araignée, ourdit des toiles dont la matière est extraite de sa propre substance. L’abeille garde le milieu ; elle tire la matière première des fleurs des champs, puis, par un art qui lui est propre, elle la travaille et la digère. (…) Notre plus grande ressource, celle dont nous devons tout espérer, c’est l’étroite alliance de ces deux facultés : l’expérimentale et la rationnelle, union qui n’a pas encore été formée », et qui ne l’est toujours pas… L’idée prophétique de Francis Bacon était d’institutionnaliser une forme d’apprentissage expérimental, notamment afin de former une classe de scientifiques ayant les moyens d’aider à guider le pouvoir.

En 1597, il formulait la fameuse équation, Nam et ipsa scientia potestas est, que l’on peut traduire par « En effet, le savoir lui-même est pouvoir », plus connue sous sa forme moderne : « Savoir, c’est pouvoir » (formule qui se trouve cependant déjà chez le Persan Hakim Abu’l-Qāsem Ferdousi (935–1020), qui montre bien que Bacon fréquentait les Anciens… au moins par la lecture)

Bacon inventa en outre un code pour chiffrer des messages diplomatiques, et alla jusqu’à élaborer un schéma pour une langue universelle.

On lui doit également plusieurs concepts d’ordre médicinaux et moraux, comme le concept d’euthanasie, qui tôt ou tard devra être débattu.

Face au déficit de philosophie et de morale dans la pratique médicale de son époque, il note amèrement ; « Le médecin (…), pour guérir la maladie, tue le malade » Cela à-t-il vraiment changé ?

Prenons maitenant à la source même de cette haute conscience les phrases qui nous sont ici utiles, et qui concernent LNA :

« Premièrement, je te révélerai le but de notre Fondation.

Deuxièmement, je te dirai quels dispositifs de préparation et quels instruments nous avons pour nos travaux.

Troisièmement, quelles sont les diverses tâches et fonctions qui sont assignées aux membres de notre Société.

Et enfin quels rites et quelles coutumes sont les nôtres. »

(La Nouvelle Atlantide, Francis Bacon, éditions Payot, Paris, 1983, p. 72)

Premièrement, le but :

« Notre fondation a pour fin de connaître les causes et le mouvement caché des choses, ainsi que de reculer les bornes de l’empire humain en vue de réaliser toutes les choses possibles. »

(La Nouvelle Atlantide, Francis Bacon, éditions Payot, Paris, 1983, p. 72)

Deuxièmement, les dispositifs de préparation et les instruments des travaux :

« Nous avons douze collègues qui voyagent à l’étranger et qui nous rapportent des livres, des échantillons et des exemples d’expériences de toutes les régions du monde, ceci en se faisant passer pour des gens d’autres nationalités, puisque nous cachons la nôtre. (…) Nous tenons des consultations pour décider quelles sont, parmi les inventions et les expériences que nous avons faites, celles qui seront rendues publiques et celles qui ne le seront pas, et nous sommes tous astreints à un serment par lequel nous jurons le silence, de sorte que les choses qui doivent, à notre avis, être tenues secrètes, restent bien celées – bien qu’il nous arrive parfois de révéler (…) certaines de celles-ci, mais non toutes. »

(La Nouvelle Atlantide, Francis Bacon, éditions Payot, Paris, 1983, p. 82 et 84)

Astrologie :

« Il est sage de ne pas admettre aveuglément les mystérieuses influences lointaines, et de ne pas non plus les rejeter sous prétexte qu’elles seraient contraires à toute vraisemblance. »

Sylva Sylvarum or a Natural Hystory (1627)

La science des Anciens

« La science doit être tirée de la lumière de la nature, elle ne doit pas être retirée de l’obscurité de l’Antiquité. »

La religion

« Un peu de science éloigne de Dieu ; beaucoup y ramène ».

« Il est vrai qu’un peu de philosophie incline l’esprit de l’homme à l’athéisme, mais que davantage de philosophie le ramène à la religion. »
Essais sur l’athéisme

La Magie

« Il y a de la superstition à éviter la superstition. »

« Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. »
Essai sur l’athéisme

« Avoir pitié de son ennemi, c’est être sans pitié pour soi-même. »
De la dignité

« Rien n’assure aussi vite la prospérité des uns que les erreurs des autres. »

« Se venger, c’est se mettre au niveau de l’ennemi ; pardonner, c’est le dépasser. »

« Serrer trop fort le pressoir donne un vin qui sent le pépin. »

« Celui qui donne un bon conseil construit d’une main ; celui qui conseille et donne l’exemple, à deux mains, mais celui qui donne de bonnes leçons et un mauvais exemple construit d’une main et détruit de l’autre. »

Les Documents :

 « La connaissance est en elle-même puissance. »

Activités :

« Choisir son temps, c’est gagner du temps. »

La Bibliothèque :

« Il y a des livres dont il faut seulement goûter, d’autres qu’il faut dévorer, d’autres enfin, mais en petit nombre, qu’il faut pour ainsi dire mâcher et digérer. »
Essais sur l’étude

Les rencontres :

« L’amitié double les joies et réduit de moitié les peines. »
Méditations religieuses (1597)

« La nature, pour être commandée, doit être obéie. »
Novum Organum (1620)

La vie morale :

« La prospérité découvre nos vices et l’adversité nos vertus. »

« La prospérité ne va pas sans craintes ni déplaisirs ; l’adversité, sans réconforts ni espérances. »
Essais

« La superstition est à la religion ce que le singe est à l’homme. »

 « La vérité sort plus facilement de l’erreur que de la confusion. »

 « Le meilleur moyen de conserver un esprit ouvert sont les conseils sincères d’un ami. »

« Les Français sont plus sages qu’il ne semble. »

« Les troubles et l’adversité ramènent invariablement à la religion. »
Essais de morale et de politique (1597)

« Si un homme regarde très attentivement, il verra la chance ; car si elle est aveugle, elle n’est pas pour autant invisible. »

« Un peu de foi éloigne de Dieu, beaucoup de science y ramène. »

« La vie npas de sens ; cependant, nous lui en donnons un pendant que nous existons. »
Les Entretiens

« Il bon d‘être serviable, mais il faut bien montrer que cest par estime et non pardébonnaireté. »

« Attendons un peu pour finir plus vite. »
De la dignité et de l’augmentation des savoirs

« La plaisanterie sert souvent de véhicule à la vérité. »
De la dignité et de l’augmentation des savoirs

« Un homme nest que ce quil sait. »

« La lecture apporte à l‘homme plénitude, le discours assurance et l‘écriture exactitude. »

« Le doute est l‘école de la vérité. »

« Il est plus sage de changer beaucoup de choses quune seule. »

Etc. etc.

Platon (428-347 BC)

Platon, deux mille ans avant Bacon et suivant en cela ses précepteurs et enseignants égyptiens, eux-mêmes héritiers d’instructeurs inconnus bien plus anciens encore, enseigne que la réalité comprend deux parties : le monde des sensations et le monde des idées. Du premier, l’homme ne peut avoir qu’une connaissance imparfaite et globale, car tout y est fluctuant et s’y écoule, tout y change continuellement et il n’y a rien que de transitoire : bref, tout y apparaît et disparaît. Bref : il n’est qu’une règle stable : « Tout est instable hormis le Principe ». L’autre offre en revanche une certitude absolue, car immuable et éternel, donc toujours disponible à tous et à tout moment. On l’approche non pas au moyen des perceptions sensorielles, ou en prenant appui sur elles comme le vulgaire le fait, mais grâce à l’intelligence intuitive suivie de la raison, exercées par l’observation et l’expérimentation. Quand au rapport entre ces deux mondes, tous les phénomènes du monde sensoriel n’étant que des copies transitoires, aléatoires et imparfaites, mais aussi confuses et imprécises par comparaison avec la clarté des formes et des corps éternels du monde des idées…

Voici quelques phrases de Platon :

« La réalité est à la fois multiple et une, et dans sa division elle est toujours rassemblée. »

« Ceux qui ont créé les mots croyaient au délire. »


« La justice de l’intelligence est la sagesse. Le sage n’est pas celui qui sait beaucoup de choses, mais celui qui voit leur juste mesure. »

« On ne comprend pas ce qu’est la science de la chaussure, quand on ne comprend pas ce qu’est la science. »

Théétète

« L’amour est aveugle. »


 « On ne peut ni échapper au regard des dieux ni les contraindre.»

La République


 « Garde-toi de donner par force aux enfants l’aliment des études, mais que se soit en le mêlant à leur jeux, afin d’être encore plus capable d’apercevoir quelles sont les inclinations naturelles de chacun. »

« La simplicité véritable allie la bonté à la beauté. »

La République

« L’homme est le seul des animaux à croire à des dieux. »
Protagoras

« La faim est un nuage d’où il tombe une pluie de science et d’éloquence. La satiété est un autre nuage qui fait pleuvoir une pluie d’ignorance et de grossièreté. »

« Chacun, parce qu’il pense, est seul responsable de la sagesse ou de la folie de sa vie, c’est-à-dire de sa destinée. »

« L’âme trouve son repos en dormant peu, le coeur dans le peu d’inquiétudes et la langue dans le silence. »

« L’un des préjudices d’avoir refusé de prendre part à la vie politique est que vous finissez par être gouverné par vos subordonnés. »

« Touché par l’amour, tout homme devient poète. »

« Ce n’est pas parce qu’on craint de la commettre, mais c’est parce qu’on craint de la subir que l’on blâme l’injustice. »

« Le poste où l’on s’est soi-même placé, dans la pensée qu’il était le meilleur, ou qu’il nous était assigné par un chef, il faut y demeurer et en courir les risques sans tenir compte de la mort ni de rien d’autre sinon du déshonneur. »

 « L’homme est un aveugle qui va dans le droit chemin. »

« La vie qui a en partage la tempérance, le courage, la sagesse, ou la santé, est plus agréable que celle où se trouvent l’intempérance, la lâcheté, la folie ou la maladie. »

Les lois

« On peut en savoir plus sur quelqu’un en une heure de jeu qu’en une année de conversation. »

« Le vin est le lait des vieillards. »

« L’homme est la mesure de toute chose. »

Théétète, mais dixit Protagoras,

« Le premier bien est la santé, le deuxième la beauté, le troisième la richesse. »
Les lois

« Le plus grand mal, à part l’injustice, serait que l’auteur de l’injustice ne paie pas la peine de sa faute. »

Gorgias

« Donne et tu recevras. »

« On ne doit pas chercher à guérir le corps sans chercher à guérir l’âme. »

« Entre amis, tout est commun. »

« C’était un homme sage celui qui inventa Dieu. »

« Il y a en chacun de nous des calculs que nous nommons espérance. »

« Le Temps est l’image mobile de l’éternité immobile. »

« C’est la vraie marque d’un philosophe que le sentiment d’étonnement. »

Théétète

« L’opinion est quelque chose d’intermédiaire entre la connaissance et l’ignorance. »
La république

« Les hommes ne veulent pas ce qu’ils font, mais ce en vue de quoi ils font ce qu’ils font. »

Gorgias

 « La connaissance des mots conduit à la connaissance des choses. »

 
 « La vieillesse est un état de repos quant aux sens. Lorsque la violence des passions s’est relâchée, on se voit délivré d’une foule de tyrans forcenés. »
La République

« Si l’on interroge bien les hommes, en posant bien les questions, ils découvrent d’eux-mêmes la vérité sur chaque chose. »

cf. Socrate et la maïeutique

« Dieu, toujours, fait de la géométrie. »

« L’excès de liberté ne peut tourner qu’en excès de servitude pour un particulier aussi bien que pour un état. »

La République

« L’essentiel n’est pas de vivre, mais de bien vivre. »

Criton

 « Les vrais philosophes s’exercent à mourir, et ils sont, de tous les hommes, ceux qui ont le moins peur de la mort. »

« Car quand ils [les hommes] auront appris beaucoup de choses, ils croiront être bien savants, et ne seront que des ignorants pour la plupart et de faux-sages insupportables dans le commerce de la vie. »

Phèdre

« Comme nous ne savons rien de précis sur ces choses, nous n’en discutons pas et nous n’examinons pas de trop près ces représentations : nous nous contentons d’une peinture schématique et allusive. »

Critias